Cyberdépendance : quand l’addiction à Internet et aux écrans devient un problème

La cyberdépendance : un phénomène en pleine explosion

La cyberdépendance (ou dépendance à Internet) est désormais reconnue comme une problématique de santé mentale sérieuse. Si le DSM-5 (2013) n’inclut que le « jeu vidéo sur Internet » comme trouble à explorer, l’OMS a officiellement intégré le « trouble du jeu vidéo » dans la CIM-11 (2022). Mais la cyberdépendance s’étend bien au-delà des jeux : réseaux sociaux, pornographie en ligne, achats compulsifs, consultation obsessionnelle d’informations…

En France, des études estiment que 3 à 8 % de la population présente une utilisation problématique d’Internet.

Comment reconnaître une cyberdépendance ?

  • Impossibilité de contrôler le temps passé en ligne malgré les tentatives répétées
  • Anxiété, irritabilité ou dépression lorsqu’on ne peut pas accéder à Internet
  • Négligence des relations réelles, du travail ou des études au profit de l’activité en ligne
  • Utilisation d’Internet pour fuir des émotions négatives ou des problèmes
  • Mensonges aux proches sur le temps passé en ligne
  • Perte de la notion du temps devant les écrans

Les mécanismes de l’addiction numérique

Les plateformes numériques sont conçues par des ingénieurs et psychologues pour maximiser l’engagement. Les notifications, likes, système de récompenses variables (le même mécanisme que les machines à sous) activent le circuit dopaminergique du cerveau. L’appel à la peur de manquer quelque chose (« FOMO ») est aussi un puissant moteur de la consultation compulsive.

Les conséquences sur la santé

La cyberdépendance est associée à des troubles du sommeil, une sédentarité accrue, des problèmes de vision, une dégradation des relations sociales réelles, des troubles anxieux et dépressifs, et chez les adolescents, un impact négatif sur le développement cérébral et social.

Les pistes de traitement

La prise en charge comprend des thérapies comportementales adaptées (TCC, thérapie de pleine conscience), des stratégies de « désintoxication numérique » progressives, et un travail sur les problématiques sous-jacentes (anxiété sociale, dépression, ennui, difficultés relationnelles) qui alimentent l’addiction. Des centres spécialisés se développent en France.

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