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Points clés à retenir
- Jeu libre extérieur : un souvenir d’enfance fréquemment lié à un sentiment de sécurité affective et d’autonomie.
- Fondamentaux du développement : jouer stimule l’apprentissage, la motivation et la croissance cognitive.
- Pas de panique : d’autres souvenirs (rituels familiaux, complicité) sont tout aussi importants pour un équilibre émotionnel.
Pourquoi se souvenir de jouer dehors est-il si important ?
Il y a des souvenirs qui nous marquent à jamais. Une odeur de chocolat chaud, le grincement d’une balançoire, le rire d’un parent dans la cuisine. Mais un souvenir en particulier serait révélateur d’une enfance heureuse : celui d’avoir joué librement dehors, sans surveillance constante, pendant des heures. Des études montrent un lien direct entre ces “jeux libres” et le sentiment de sécurité affective à l’âge adulte.
En clair, se rappeler de ces après-midis passés à grimper aux arbres, à construire des cabanes ou à courir dans les champs est souvent un indicateur fort d’une enfance équilibrée et sécurisée. Les experts appellent cela un “repère émotionnel fort”. Pourquoi ? Parce que jouer sans les adultes exige un environnement stable et confiant.
Ce que la science nous dit
Une étude publiée dans le Journal of Outdoor and Environmental Education en février 2025 a exploré ce lien. Les chercheurs ont interrogé des adultes sur leurs souvenirs d’enfance les plus marquants. Résultat : les activités en plein air étaient systématiquement associées à des émotions de liberté, de connexion sociale et de bien-être émotionnel.
Par exemple, des participantes comme Rebecca et Rachel se souviennent avec tendresse des jeux quotidiens avec leurs frères et sœurs ou amis dans un parc ou une aire de jeux simple, mais qu’elles considèrent aujourd’hui comme un bonheur pur. Ces jeux ont favorisé leur sentiment d’appartenance et de bonheur pendant cette période clé de leur développement.
Jouer, c’est bien plus que s’amuser
Une autre étude menée par des chercheurs de la Harvard Graduate School of Education et des départements de psychologie de Harvard et de l’Université de Californie à Berkeley s’est penchée sur le rôle des jeux en extérieur dans le développement de l’enfant. Les chercheurs ont fait jouer des enfants de 5 à 10 ans en extérieur et observé leurs choix.
“S’amuser n’est pas facile : les enfants choisissent des options plus difficiles lorsqu’ils jouent pour le plaisir ou pour gagner”, explique Elizabeth Bonawitz, auteure principale. Selon elle, le jeu est un puissant facteur de motivation. “Je pense qu’il existe encore une mentalité selon laquelle le jeu à l’école n’est pas de l’apprentissage. Le jeu est ce qu’on offre aux enfants pour faire une pause. Mais c’est un très mauvais service rendu à l’enfance. Le jeu est une formidable source de motivation, c’est là que les enfants apprennent et se lancent des défis.”
Le jeu au cœur du développement humain
Les résultats confirment que jouer favorise non seulement l’apprentissage mais aussi la croissance et le développement cognitif. Pour Elizabeth Bonawitz, le jeu est “au cœur de l’expérience du développement humain”. Elle espère que les éducateurs intègrent davantage ces découvertes dans les programmes scolaires.
Et si je n’ai pas ce souvenir ?
Pas de panique. Le bonheur dans l’enfance ne se limite pas à une seule expérience. D’autres souvenirs sont tout aussi révélateurs : rituels familiaux, histoire du soir racontée mille fois, repas du dimanche, moments de complicité silencieuse. Ce qui compte, c’est ce que ces souvenirs traduisent : une stabilité émotionnelle et une présence bienveillante autour de vous.

